Jaipur

A l’aube, les rues de Delhi sont relativement vides et, à tout le moins, calmes. Rejoindre la gare, trouver le quai, embarquer, voyager avec la classe moyenne indienne, débarquer à Jaipur, être pris en charge par Ali, un conducteur de rickshaw très sympa, mais que nous gardons à distance à la vue de ses yeux brillants lorsque nous évoquons les raisons de notre venue dans la ville : acheter du matériel de bijouterie (outils et machines) et des pierres. Il nous propose immédiatement ses services, mais pour éviter tout coup fourré, nous coupons court.

Beau joueur, Ali ne se départ pas de son sourire et nous dépose à l’hôtel Vaishnavi, pension agréable et abordable, fréquentée autant par les Indiens que les ferenghi.

Sur le toit en terrasse, de belles rencontres, le soir, au son du tambour et des feux d’artifice, et comme d’habitude, les conversations roulent en toutes langues ; Krishna et son ami Raj proposent chaque soir un spectacle de marionnettes rajasthani à la naïveté touchante.

Nous sommes contents d’avoir trouvé un endroit où nous pourrons réellement nous ressourcer, car nous savons que les journées qui nous attendent seront longues et intenses, tout en allers-retours entre notre quartier de Bani Park et la vieille ville (la ville rose), ponctuées d’arrêts intermédiaires à Chameli Market (le marché aux bijoux) et à la Poste.

Le premier jour, toutefois, nous décidons de ne pas trop nous embêter avec tout ça, et nous perdons simplement dans le dédale de la cité rose bâtie à partir de 1727 par Jai Singh II Khachhwaha. Entre Nehru, Bapu, Johari ou Tripolia Bazaar, dans l’atmosphère suffocante de Chaura Rasta ou Jadiyon ka Rasta, l’ambiance est chaude, les odeurs, fortes, le trafic affolant, ça va vite, bref rien que de bien habituel.

Cependant, de temps à autre, en levant la tête, on devine sous des couches de plâtre ou de publicités les encorbellements des haveli (les petits palais rajput typiques) du XVIIIè siècle.

Au Nord de la cité rose, deux palais et l’observatoire royal délimitent la zone réservée à la haute noblesse. Nous n’avons visité que le Hawa Mahal, le prix et la foule nous ayant fait fuir ses voisins que nous avons tout de même aperçu du haut du Palais des Vents. L’étroite structure, toute percée de moucharabieh, est un exemple typique d’architecture et décoration rajput (pietra dura, mosaïque, miroirs, système d’aération, réservoirs, toits en bulbe, etc…).

Hawa Mahal, Palais des Vents

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L’Observatoire royal vu de l’Hawa Mahal

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Ready for the mission

Les jours suivants, c’est parti pour la mission. Pour prendre un bon départ, rien de tel qu’un rendez-vous avec Thibaut, le propriétaire de la boutique où Martine et Raymond ont pris leurs cours de bijouterie au Népal. Au milieu de ses allers-retours entre France, Inde, Népal et Australie, nous avons donc la chance qu’il soit à Jaipur en même temps que nous. Il nous tuyaute sur un peu tout, les pierres, les colis, les prix, la ville, et ça nous donne confiance. Nous passons donc une première journée à acheter des pierres à Chameli Market. Les vendeurs sont d’une manière générale assez sympathiques, pas trop insistants, et a priori, l’expérience aidant, nous ne nous sommes pas fait enfler.

 

Ceci fait, c’est complètement par hasard que nous tombons sur une boutique entièrement dédiée à la vente de matériel de bijouterie, quelque part dans le chaos qui sépare Chaura Rasta de Johari Bazaar. Le patron est adorable, et lors de nos trois visites et des quatre heures que nous avons passées avec lui, il a fait preuve d’une patience infinie devant nos questions parfois un peu naïves. Mais l’affaire fut conclue sans accroc, et, laminoir, enclume, pinces, et marteaux sous le bras, nous pouvions alors tenter l’aventure de la poste.

« L’Inde renvoie la Rome antique dans les cordes ». Concept appliqué au vu du nombre de jours fériés dans le pays qui compte peut-être le plus de religions au monde. Résultat, lors de notre première visite, la poste était fermée pour cause de fête musulmane (l’Aïd el Kebir, si nous ne nous trompons pas) et lors de la seconde en raison d’un jour férié sikh !

Mais cela importe peu, si ce n’est comme marqueur du multi-culturalisme et de l’esprit de tolérance qui continue d’exister en Inde malgré la présence au pouvoir du Bharatiya Janata Party, le parti suprémaciste hindou. Parce que nous avons bien réussi à envoyer, d’une part les pierres grâce aux services d’une petite officine recommandée par Thibaut, d’autre part le matériel via la poste indienne. Premier colis attendu demain en Yaute, le second, dans trois mois.

 

La vieille ville, ponctuée par les aventures de Rajiv (Rajiv, c’est l’Indien conceptualisé, le cousin de François le Français)

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Rajiv a fait ses emplettes pour Diwali

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Aide Rajiv à retrouver sa vache

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L’architecte avait demandé un poulet, mais Rajiv s’est un peu planté. C’est pas grave, c’est joli.

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Devine où se cache Rajiv ! Réponse : derrière le paanwallah, fabriquant de pâte de bétel.

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DHL Rajiv, à vot’service !

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Rajiv, Rajiv et leurs rajivettes

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Rajiv vient de passer : sa dernière blague de Toto est un succès. Bravo, Rajiv !

 

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On se lève tous pour Rajiv

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DHL Rajiv n’est qu’un con, utilisez plutôt UPS Rajiv !

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Dans la cour de l’hôtel, Rajiv expose les préceptes du Rajivisme à un auditoire conquis

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Rajiv et sa charriotte. Hue, cheval !

Le séjour à Jaipur a été épuisant, tant physiquement que mentalement, mais nous pouvons à présent poursuivre notre route l’esprit libéré et avec le sentiment du devoir accompli. Route qui nous a mené à Udaipur, d’où nous vous écrivons.

3 réponses à “Jaipur

    • Tout va très bien pour Raymond. Aucun souci quel qu’il soit. Martine a été un peu malade, mais les choses rentrent dans l’ordre. On profite et on essaie de partager. Bisous à vous trois.

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