Udaipur

Qui d’autre qu’Ali, le rickshawwallah qui nous avait accueilli à Jaipur, pouvait aussi nous emmener à la gare et nous y dire au revoir.

Sur le trajet en train jusqu’à Udaipur, pas grand-chose à dire, si ce n’est le plaisir de rester devant la porte ouverte du train lancé comme une balle, et d’observer l’aride campagne rajasthanie, semée d’acacias, de mimosas et de haies de cactées.

Bien que nous y arrivions de nuit, nous n’avons aucun problème à trouver une guest house, et nous mettons sac à terre chez Raju et sa famille. Une haveli charmante quoique bruyante.

Udaipur, tu n’es pas comme les autres

Chère Udaipur,

il ne s’est agi que de quelques jours, cinq, six tout au plus, oui, peut-être, mais tu ne nous as pas laissés indifférents. Tu ne ressembles pas aux autres, tes sœurs-villes, serviles, asservies ; ton cœur bat encore et il n’est pas besoin de tendre l’oreille pour en percevoir le pouls.

Au contraire, chez toi, l’oreille se repose, et comme tous les autres sens, se trouve moins agressée qu’ailleurs. Ton rythme est plus calme et plus serein, ton sang coule dans tes artères que rien ou presque n’encrasse. Et en ton centre, en ton ventre que lèchent les vaguelettes créées par les bateaux, le lac. Pichola, troisième œil au milieu du désert, paupières d’arbres et sourcils-montagnes.

L’oreille encore, parfois tinte : des Français, des Français, partout, et des Indiens bilingues qui font rouler notre langue sur la leur. Ah, cela casse un peu le charme, mais après tout : ailleurs, c’est de « Shalom, humus, falafel » qu’on est assaillis. Pour l’apaiser, on s’éloigne de la ville, jusqu’au Tiger Lake, où nous parvenons, l’espace d’une heure, à goûter un peu de silence, et à profiter des collines qui sertissent le lac artificiel dans un écrin de verdure sèche. Nos instants de sérénité sont balayés par notre rickshawwallah, plus qu’intrusif, brutal et impoli, même, qui nous force à rentrer en ville. Nous le quittons le regard noir.

Et l’œil donc, que dire de l’œil ? Il est attiré par la course des enfants dans tes ruelles, il se lève et rencontre les encorbellements des havelis, baroques ou modestes, décrépits ou refaits à neuf, il erre d’un palais à un autre, de Lal Ghat à l’est à Hanuman Ghat à l’ouest, sous le regard du palais de la Mousson, au loin, il suit le vol des éperviers, s’égare sur des étals, ou sur quelques sacs plastique qui flottent à la surface du lac, il observe, lucide, mais charmé, il se régale de couleurs comme on s’empiffre de curries, de massala, de sambar, de dal.

Et les papilles, effectivement, ne sont pas en reste. Raju et sa famille s’y entendent pour nous ravir. Mais surtout, surtout, prétextant l’anniversaire de Martine, c’est dans un véritable palais que nous allons faire chanter le nôtre – de palais -, et que nous découvrons la catégorie supérieure de la cuisine indienne. Ce qui vous fait dire que, comme partout, si le charme de la cuisine populaire, de la cuisine de rue, est indéniable, il pâlit dès lors qu’on s’élève dans le choix et la variété des ingrédients.

A ces sens innés, s’ajoutent le sens de la marche, et on peut s’y adonner sans retenue, la ville n’étant pas immense, contrairement au dédale de ses rues ; et le sens de la foule, de l’intimité, ce besoin acquis de haute lutte par l’Occident, ce besoin d’être un peu différent, un peu décalé, de ne pas faire exactement comme tout le monde, ou alors, avec un peu de honte, de ne pas le faire en même temps, cela est mis à rude épreuve en Inde, en particulier lorsque vous visitez un quelconque monument : à partir de là, vous êtes cuits, la houle des touristes indiens, vous roule, vous presse, vous oppresse, vous happe, vous observe, vous mitraille, s’esclaffe et se moque, puis s’en va ailleurs, immédiatement remplacée par une autre vague identique. On en sort essoré.

Mais cela ne sera pas retenu contre toi, Udaipur, cela n’a pas suffi à ternir l’image que tu as bien voulu nous donner de toi. Nous la garderons quelque part et, qui sait, peut-être la partagerons-nous avec nos semblables, indéfectibles moutons que nous sommes, nous aussi.

 

La ville, vue de Lal Ghat

 

 

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Palais royal d’Udaipur

 

 

 

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Tiger Lake

 

 

 

 

 

 

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Temple de Jagdish

 

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